• L'oeuvre

    L'oeuvre

     

    Les Sept dernières paroles du Christ en croix (titre original Die sieben letzten Worte unseres Erlösers am Kreuze), une très belle œuvre du compositeur autrichien Joseph Haydn (1732-1809), composée à partir de 1786.

    L’œuvre est construite autour des sept dernières paroles prononcées, d’après les quatre évangiles, par Jésus en croix, peu avant sa mort.

    A ces 7 mouvements destinés à faire suite à la lecture de chacune des paroles par le célébrant lors d’une messe, Haydn a ajouté une introduction ainsi qu’un mouvement final, mettant en musique un tremblement de terre.

    La première version composée par Haydn en 1786 était destinée à un orchestre, mais il la remania en une suite de 9 quatuors à cordes à partir des différents mouvements. Enfin, on rencontre parfois une version oratorio, chantée, adaptée en 1795 par Haydn suite à l’écriture d’un livret par un chanoine bavarois.


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    "Avec "Les Sept Dernières Paroles du Christ sur la Croix" de Joseph Haydn, voici une des œuvres musicales les plus représentatives du "Siècle des Lumières". Plus de deux cents ans nous séparent de cette époque et, malgré cela, son message spirituel et son potentiel expressif gardent toute leur validité et leur pouvoir de suggestion. La merveilleuse Lumière qui émane de chacune de ces pages est restée intacte, grâce au génie créatif, à la richesse intérieure et à la capacité de symbolisme poético-musical du maître d'Esterházy. Ces sept mouvements lents – huit si nous comptons l' Introduzione-, réalisés avec une telle variété de recours dans l'invention musicale, dans les rythmes, la dynamique, les tonalités, la sélection des thèmes et cette peinture sonore et expressive exceptionnelle, nous font perdre totalement conscience de la succession de pièces d'aspect et de dimension très semblables. Mais il faut surtout souligner le facteur essentiel qui donne sa valeur particulière à ce cycle: le climat expressif qui reste constamment d'une intensité et d'une ferveur suprêmement émouvantes. Haydn l'entendait ainsi, quand il nous expliquait son idée: “Chaque Sonate, ou chaque texte, est exprimé par les seuls moyens de la musique instrumentale de telle manière qu’il éveillera nécessairement l’impression la plus profonde dans l’âme de l’auditeur le moins averti” (lettre du 8 avril 1787 à son éditeur de Londres Forster)."

    Jordi Savall - Eté 2007


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    La musique religieuse de Franz Joseph Haydn, profitant de la relecture des musiciens baroques dans la deuxième moitié du XXe siècle, a retrouvé aujourd’hui une dimension dont on s’étonne qu’elle ait pu être perdue. Certes, la production de ce compositeur reflète son caractère aimable et plutôt paisible, et une foi simple et franche. Cependant, il en émane une singulière vigueur que l’on ne peut pas attribuer toute à son légendaire sens des formes et de l’harmonie.

    Dans cette œuvre − sept sonates avec une introduction et, à la fin, un terremoto − force est même de reconnaître que cette science musicale est mise au service d’une extraordinaire variété d’émotions humaines et spirituelles. Les thèmes musicaux, tour à tour aériens ou pesants, dépouillés ou délicatement ornés, s’insèrent dans une construction harmonique et formelle qui fait s’opposer la douleur à la consolation, la haine à l’amour, et le désespoir à la promesse du paradis. Le tout s’articule en miroir autour de la 4e sonate (5e pièce), climat religieux qu’est le moment du doute (Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?).

    Entré en maçonnerie en 1784, la même année que Mozart, Haydn était convaincu que, selon ses propres mots « La musique peut aussi servir à faire le bien ». L’époque classique avec ses découvertes scientifiques, ses réflexions philosophiques et philanthropiques offrait à la pensée une infinie possibilité pour le futur et Haydn, au cœur de ces préoccupations, a vécu une spiritualité tournée vers l’Homme et la Nature, sans jamais perdre sa foi catholique très profonde.

    La dualité de la nature du Christ est au centre de ce quatuor : les sept paroles ponctuent le chemin douloureux de son abandon de sa nature humaine.

    Écrite en 1785, cette œuvre répond à une commande de l’Évêché de Cadix pour la cérémonie du Carême tel que le célébraient alors les églises d’Espagne.

    La première version, symphonique, fut tardivement suivie de trois autres : une avec chœur, une pour quatuor à cordes, et une pour pianoforte. La version pour quatuor gagne en pureté et en acuité là où celle pour orchestre brillait par sa couleur et celle pour chœur exprimait la grandeur. Son langage est celui de la maturité, qui faisait dire à Mozart au sujet de la dédicace qu’il fit à Haydn de six de ses quatuors : « c’est une dette que j’ai acquittée, car c’est lui seul qui m’a révélé l’art de les écrire ».

     

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    L’introduction et le tremblement de terre final forment le socle formel de ce chemin pyramidal ; ces deux pièces expriment autant la puissance divine que le regard humain sur ce passage de la mort. L’ordre tragique de l’introduction est opposé au chaos furieux du « tremblement de terre ». Si le Christ part en paix, les disciples, eux, entrent dans la douleur, le deuil et l’angoisse du doute. Cette ambivalence habite la dernière sonate et le « tremblement de terre ».

    1ère et 7e sonates : Dans la première sonate, des sforzandi écrasants soulignent le poids du péché humain, adoucis par le thème rédempteur du 1er violon. Formellement, la septième sonate en reprend le battement de croches et, par endroits, renverse le thème principal comme une ponctuation. L’âme de Jésus s’élève aux mouvances d’une écriture à la fois complexe et aérienne, faite toute entière d’envols mélodiques et de volutes rythmiques.

    2e et 6e sonates : C’est dans la 2e sonate qu’apparaît l’expression du Paradis, promesse sereine faite au « bon larron ». Le thème est simple, plusieurs fois énoncé par le 1er violon ; en deux endroits, le 2nd violon l’accompagne d’un bariolage que les conventions de l’époque attachaient à l’évocation du paradis. De ce bariolage naît le motif complémentaire joué par le premier violon pour commenter et conclure l’exposition du thème de la rédemption. Ce motif sert de base au thème de la 6e sonate, après la déclamation d’effet très dramatique d’une cadence parfaite, expression s’il en est de la finitude, puis de son commentaire fugué, au terme duquel se rejoignent à l’unisson tous les instruments. Ces deux sonates sont aussi les deux seules qui fassent appel à une opposition mineur/majeur tellement tranchée qu’elle est inscrite dans le texte au moyen d’un changement de tonalité au cours du morceau.

    3e et 5e sonates : Elles sont, elles aussi, liées par de fortes similitudes formelles et mélodiques. Des accords plaqués non repris au Da Capo impriment en introduction le caractère tragique et solennel de ce qui suit un destin écrit et provoque la révolte émotionnelle. Puis, expression de la tendresse, de l’amour, et de leurs corollaires, la misère du corps et l’abandon, la tierce descendante autour de laquelle se construisent les deux sonates est si prégnante qu’elle les commence et les termine. Un staccato de croches, fragile et haletant, accompagne la plainte du fils agonisant dans la 3e sonate ; c’est une pluie de pizzicati suggérant la sécheresse qui enrobe celle de l’homme mourant de soif dans la 5e.

    4e sonate : C’est une pièce grondante et passionnée, entrecoupée de silences tragiques, tendue d’harmonies déchirantes, où les « questions » et les « arguments » du premier violon se heurtent au mutisme obstiné du reste du quatuor. Tout au long de la sonate, un motif ascendant, interrogation répétée à Dieu, semble faire écho à la plainte descendante des deux pièces qui l’encadrent.

     

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    Outre les auteurs spirituels, les paroles de Jésus en croix ont inspiré les musiciens :

    Die Sieben Worte Jesu Christi am Kreuz (SWV 478) de Heinrich Schütz ;

    • L'oratorio Les Sept Dernières Paroles du Christ en croix de Joseph Haydn en est un bel exemple ;

    Les sept paroles du Christ en croix est également une œuvre chantée de César Franck et de Charles Gounod ;

    • Christophe Looten a composé deux œuvres fondées sur les dernières paroles de Jésus : Mourning, pour voix d'alto et quatuor à cordes où s'entremêlent chants de déploration pour les soldats britanniques fusillés par les nazis en 1940 lors de l'évacuation de Dunkerque et évocations du Sauveur sur la Croix. Il a aussi composé en 2008 son cinquième quatuor à cordes : Les sept dernières paroles du Christ en croix.

    • L'œuvre pour chorale a cappella Les Sept paroles de notre seigneur Jésus-Christ de Fernand de La Tombelle ;

    Les Sept Paroles du Christ de Théodore Dubois, oratorio pour choeur, solistes et orchestre (ou orgue).

     

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    Historique de la partition et interprétation

     

     

     

    Les sept  dernières paroles du Christ en croix

     Partition complète IMSLP - Bibliothèque Musicale Petrucci

     

     

     

    Sources :

    Wikipedia
    Catherine PRADA – Le Quatuor de Bercé
     

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